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Coordonnées géodésiques |
Latitude : 49° 32' 483 N |
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Ainsi
que Gaston LAMY fonde la Société Navale Caennaise
qui se lance dans la construction d'une série de charbonniers dont
le NIOBE en 1922. Cet armateur finit par disposer d'une flotte de
16 navires totalisant 35.842 tonnes en tonnage brut.
Le Niobe - Un navire dans la tempête !
LE NAUFRAGE
L'entrée du port
du Havre le 11 juin 1940 avec les bacs de la C.I.M en feu
En route vers son destin
Avec qui plonger sur cette épave ?
Caisson hyperbare le plus proche.
Lorsqu'ils avaient dû construire les murs de la ville de Thèbes, le roi n'avait eu qu'à chanter une de ses jolies chansons et les rochers s'étaient brisés d'eux-mêmes. Les pierres, charmées, l'avaient suivi et s'étaient entassées toutes seules en murailles épaisses.
Le père de Niobé était Tantale. Elle était très fière de son amitié avec les dieux. Les greniers royaux étaient pleins de blé, les troupeaux étaient gras et les coffres du palais regorgeaient d'or et d'argent. La reine ne manquait de rien. Mais son orgueil suprême était d'avoir donné naissance à sept beaux garçons et à autant de ravissantes filles.
Un jour, toutes les pieuses femmes de Thèbes, les cheveux ornés de lauriers, s préparaient à faire de grands sacrifices en l'honneur de la déesse Léto et de ses enfants, Apollon et Artémis.
Niobé, courroucée, les surveillait, quand finalement la colère lui fit quitter le palais. Elle descendit dans la ville avec ses suivantes, semblable à une déesse dans son magnifique manteau tissé d'or, sa brillante chevelure lui retombant sur les épaules. Telle une divinité, elle fendit la foule des femmes en prières qui versaient de l'encens sur les feux sacrés.
"Etes-vous devenues folles?" leur demanda-t-elle. "Vous offrez des sacrifice à des dieux que vous n'avez jamais vus. Pourquoi n'en faites-vous pas pour moi ? Vous me connaissez sûrement mieux que Léto. Mon mari est le fameux roi Amphion. Mon père était le roi Tantale. Il participait aux festins des dieux et partageait 1 nectar et l'ambroisie. J'ai plus de trésors que n'importe quelle déesse et bien plu d'enfants que Léto. J'ai sept fils et sept filles alors qu'elle n'a qu'Apollon et Artémis. Ma famille est noble, riche et féconde. Aucune divinité ne peut comparer son bon heur au mien et même s'il diminuait, il serait encore bien grand! Quittez les autel et les sacrifices. Priez celle qui le mérite!"
Les femmes s'effrayèrent de la colère royale, elles enlevèrent les lauriers de leur cheveux et abandonnèrent les sanctuaires. Mais en elles-mêmes, elles demandèrent pardon à Léto.
Celle-ci, du sommet de la montagne, n'avait rien perdu de la scène qui s'étai déroulée à Thèbes. Son cœur se mit à battre lorsqu'elle vit Niobé détourner les Pieuses femmes de leur devoir.
" Mes enfants," dit-elle au dieu Apollon et à la déesse Artémis, "votre mère a été gravement offensée par une simple mortelle. La folle a chassé les fidèles de mes autels, elle a mis ses enfants au-dessus de vous et elle s'est moquée de moi! " Léto allait poursuivre son discours quand son fils s'exclama : "Cessez de vous lamenter, ma mère, vous ne faites que retarder sa punition!" Apollon et Artémis s'enroulèrent dans un nuage comme dans un manteau et, ainsi cachés aux yeux des hommes, ils descendirent à travers le ciel d'azur près des murailles de Thèbes.
Devant les portes de la ville, les sept fils de Niobé s'exerçaient à la lutte et aux jeux de la guerre.
L'aîné galopait en rond sur un robuste cheval, retenant fermement par la bride l'animal écumant, quand soudain il poussa un cri et tomba. La flèche d'Apollon vibrait encore dans sa poitrine.
Le second frère avait entendu siffler la flèche. Il se retourna et fut saisi de terreur à la vue d'un sombre nuage immobile dans le ciel. Il pressa sa monture, mais en vain: d'une seconde flèche, Apollon avait déjà transpercé sa nuque.
Deux garçons plus jeunes luttaient au corps à corps. Ils furent tous deux rivés à terre par le même coup et ensemble ils expirèrent. Le cinquième accourut à leur aide, mais avant d'atteindre leurs corps il fut tué à son tour. Le sixième fut touché à la jambe. Tandis qu'il essayait de tirer la flèche de la blessure, une autre flèche le transperça et, avec son sang, la vie quitta son corps.
Le plus jeune leva les bras et supplia les dieux de l'épargner. Apollon fut ému, mais il ne pouvait rattraper son trait. Le dernier fils périt aussi.
La nouvelle de l'affreux massacre se répandit dans Thèbes comme une horrible tempête. Fou de chagrin, le roi saisit son épée et se tua. Niobé se précipita sur les lieux du carnage. Elle enlaça les morts en pleurant et les embrassa pour la dernière fois, mais l'orgueil fut encore le plus fort.
Elle leva les yeux au ciel et s'écria :
"Réjouis-toi de ma peine, cruelle Léto. Avec mes sept fils, j'enterre une partie de ma vie. Pourtant il me reste plus d'enfants que toi : j'ai encore sept filles ravissantes. "
A peine eut-elle fini cet imprudent discours que la corde de l'arc vibra. L'une des beautés tomba, morte, sur le corps à peine refroidi de son frère. La déesse Artémis tendit à nouveau son arc et la seconde fille dit adieu à la vie. Quant aux autres, malgré leurs tentatives pour fuir ou leurs essais pour se dissimuler, les flèches de la déesse vengeresse les atteignirent toujours.
Seule la dernière, la plus jeune, restait couverte par Niobé elle-même. Pour la première fois, les bras au ciel, celle-ci implorait la déesse de l'épargner. Mais, tandis qu'elle suppliait, l'enfant mourut dans ses bras.
La reine resta seule.
Autour d'elle, l'herbe murmurait : "Quel être humain peut compter sur le bonheur, en présence de la mort?"
Immobile, perdue dans sa peine, Niobé regardait droit devant elle. Le sang quittait doucement ses joues, ses cheveux devenaient pesants et même le vent n'arrivait plus à les éparpiller. Dans son visage de pierre ses yeux se figèrent. Ses bras et ses jambes s'alourdirent et tout son corps se transforma en rocher.
Un puissant tourbillon de vent s'abattit sur Thèbes, emportant Niobé en Lydie les hommes se précipitèrent pour voir l'étrange nouveauté.
La pierre avait la forme d'une femme et de ses yeux coulaient deux intarissables
sources de larmes.
http://fr.srd.yahoo.com/goo.fr/le+niob%e9/5/*
http://www.navy.dnd.ca/pride_html/history/ships_10_39/ships_10_39b1_f.htm
UN DRAME DE L'EXODE
11 JUIN 1940
LA TRAGEDIE DU "NIOBE"
Ce jour-là, le 11 juin 1940, en début d'après-midi, ils sont des milliers de civils, terrifiés par l'avance très rapide des troupes allemandes, et par les bombardements sur la cité, à embarquer à bord des navires, et fuir par la mer.
A bord du charbonnier Niobé, amarré quai Joannès-Couvert, cargo de la Compagnie navale caennaise, s'entassent des centaines de personnes.
Les flancs du navire sont pleins de 800 tonnes de munitions, obus et autres engins de guerre.
A 16h55, entre Antifer et Saint-Jouin, le Niobé est attaqué par un avion Stuka allemand qui lâche quatre bombes qui firent toutes mouche. Onze survivants seront secourus et sauvés par l'équipage du caboteur Cotentin, neuf hommes, une jeune fille et un enfant, qui flottaient au milieu de cadavres et de débris divers.
C'était en 1940, un drame venu de la mer, comme des milliers d'autres en ce début de "drôle de guerre". Le drame de 44 au Havre (un terrible bombardement), l'a depuis recouvert de son ombre... venue du ciel.
Des journalistes ont tenté de comprendre ce qui a pu se passer ce jour-là. Une catastrophe, pas tout à fait comme les autres, restée longtemps dans l'oubli. Ils se sont efforcés de rendre hommage à la mémoire de ces nombreuses victimes, en recueillant de la bouche même des rescapés, des récits terrifiants.
Tournons ensemble cette page tragique et mal connue de notre histoire
locale, avec les rares témoignages de quelques-uns des miraculés
du Niobé.
Louise Geoffroy, épouse Gadebois.
"Ma sœur et moi sommes donc allées au port pour embarquer au
plus vite. Comme nous étions très jeunes, nous laissions
passer devant nous, Les femmes, les enfants et les vieillards. Soudain
il y eut une alerte, nous sommes allées nous mettre à l'abri
au pied du sémaphore. Un gradé nous a fait monter à
bord d'une Abeille, direction le quai Joannès-Couvert, d'où
le Niobé devait appareiller. La D.C.A a abattu pendant notre court
trajet un avion allemand qui s'est écrasé sur un bac de pétrole.
Personne ne nous a parlé de munitions à bord... Si j'avais
su...".
Maurice Gadebois.
"Ma famille et moi sommes montés à bord du Niobé, déjà très surchargé. Un matelot s'est rué sur moi et me dit "Ne fumez pas, il y a des munitions à bord, vous pouvez bien attendre une heure et demie avant d'arriver à Caen".
J'apprenais ainsi notre malheur et notre destination. Cinquante-deux infirmières de l'hôpital Pasteur sont montées elles aussi à bord. Il est 14h55 quand nous sortons du port. J'ai vu l'heure sur l'horloge du musée. Après 40 minutes de route à travers les mines et les débris, nous croisons des navires de guerre, qui tirent vers la côte. Un bateau à coque blanche demande de l'aide, il y a le feu à bord, de grandes flammes".
Ainsi le Niobé se déroute et va vers lui. Beaucoup de Havrais reconnaissent le Général-Metzinger. Son équipage réussit rapidement à circonscrire l'incendie. Deux chalutiers se hâtent vers lui. Il est sauvé. Le commandant et le pilote Paul Lengronne décident de reprendre leur route. Deux coups de sirène annoncent cette décision.
Maurice Gadebois.
"Vingt minutes après, deux avions nous survolent alors que nous
apercevions déjà la côte au loin ; l'un poursuit son
chemin, l'autre tourne au-dessus de nous. Il pique et nous lâche
quatre bombes. Deux tombent à l'avant, une sur la dunette et la
dernière dans les cales arrières. Il est exactement 16h55,
j'ai le réflexe de regarder ma montre".
Louise Geoffroy, épouse Gadebois.
"Ma pauvre sœur Céline est morte très rapidement. L'eau
s'est mise à engloutir l'épave dans un atroce tourbillon.
J'ai coulé deux fois. Je ne sais pas comment je suis remontée
à la surface. Je me suis accrochée à une épave
provenant du navire. C'était affreux, affreux. Les corps des passagers
écartelés flottaient à la surface... près de
moi, il y avait une tête. Les gens hurlaient de douleur ou de terreur.
Un bateau anglais nous a croisés, je crois qu'il nous a vus, mais
ne s'est pas arrêté".
Maurice Gadebois.
"Le Niobé, sitôt touché se casse en plusieurs morceaux,
dans un bruit formidable. Je m'enfonce dans les flots. Je vois des gens
se débattre dans l'eau. Ils sont nombreux autour de moi, connaissances
ou amis, à se noyer. Mon fils âgé de 13 ans m'agrippe,
je le soutiens et prends la direction de la côte. Mon petit devait
mourir dans mes bras de congestion. Ma femme avait disparue avec tous les
autres dans un horrible tourbillon. Avant l'arrivée des secours,
je peux l'affirmer, nous étions plus d'une vingtaine à flotter
tant bien que mal, malgré les madriers et les débris qui
nous meurtrissaient".
Joseph Kervella, matelot.
"De 1'équipage, nous n'étions que quatre à nous
en être sortis. Je suis resté accroché, avec mon collègue
Gourmelen, à un panneau de bois. Le petit cargo Cotentin nous a
aperçus, je l'ai vu se diriger vers nous avant de m'évanouir".
Capitaine Cousin, responsable du caboteur "Cotentin".
"A 17 heures, j'ai aperçu droit devant, une violente explosion.
J'ai décidé sans hésiter de porter secours à
ce bâtiment en détresse. A 18 heures, nous arrivions sur place,
j'ai aperçu une large tache suspecte, et dans son milieu, nous entendions
des appels déchirants "au secours". Nous n'avons récupéré
que 11 survivants, c'était horrible".
Maurice Gadebois.
"Un bateau s'est avancé avec précaution parmi les cadavres. Des canots sont venus, je me souviens avoir été sauvé le troisième. Les sauveteurs ne purent recueillir tout le monde rapidement, des malheureux se sont noyés aux portes du salut, à bout de résistance. Je me suis retrouvé à bord, avec treize blessures jugées graves. Une jeune fille est à mes côtés, dans un triste état. Le commandant en prit grand soin. Le ciel était jaune. Un enfant d'une dizaine d'années, qui a vu disparaître ses parents, est fortement commotionné, et ne cesse de répéter "Papa, Maman, glouglou". "Le cauchemar".
Le Cotentin les emmena à Ouistreham, d'où ils furent dirigés vers l'hôpital de Caen ; Ils y arrivèrent 14 heures après l'explosion.
La pagaille régnait là aussi, et les blessés eurent quelque mal à se faire soigner. Louise Geoffroy, la jeune rescapée, fut renvoyée de l'hôpital, seulement deux jours après y être entrée.
"En sortant de l'hôpital, je n'étais pas belle à voir. Je devais avoir l'air une folle avec mon bandage sur l'œil, les pieds nus et mes cheveux encore couverts de mazout (...)Ma mère nous attendait ma sœur et moi, à Trouville depuis trois jours, guettant chaque bateau... Ça brise des vies tout ça ! ".
Maurice Gadebois quant à lui, fut soigné un mois durant dans cet établissement hospitalier, dépourvu de chirurgien. Il doit son salut à la bonté de la sœur Sainte-Claudine, et le dévouement d'une infirmière, Mme Portier.
A son retour à Sainte-Adresse, la municipalité lui remit
125 grammes de viande et trois livres de pain.
"Et ce fut une foule de gens qui ayant connu mon retour vinrent me demander Si je savais ce qu'étaient devenus leurs parents disparus... Vous voyez d'ici quelle réponse je pouvais leur faire".
Il y a quelques années la mairie du Havre devait communiquer
la note suivante :
"Des corps furent rejetés sur le rivage, et enterrés sur
place par ceux des habitants qui n'avaient pas évacué. Il
est peu probable, en raison des circonstances que l'on ait pu procéder
à l'identification de ces malheureux. Nos archives ne recèlent
ni liste, ni correspondance à ce sujet. Aucune translation de corps
dans l'un des cimetières du Havre ne fut opéré à
notre connaissance. Par contre les services d'état civil ont enregistré
quelques jugements déclaratifs de décès. Que ces jugements
aient été peu nombreux ne doit pas surprendre, des familles
entières ayant été anéanties".
Procès-verbal
Dans une copie d'un procès-verbal de la Gendarmerie maritime,
compagnie de Cherbourg (n0 171 en date du 13 juin 1962), on évalue
à 1200 les personnes présentes à bord du Niobé
après une longue enquête, dont les conclusions furent déposées
au Havre le 27 juin 1962.
Paul Lengronne, pilote du Havre, citation à l'ordre de l'armée de mer
"…a sorti du port du Havre le vapeur français Niobé, ayant à bord outre une grande quantité de munitions, environ 800 personnes, hommes, femmes et enfants et de nombreux militaires et marins de l'Etat".
Paul Lengronne a disparu au cours du naufrage du navire, survenu peu
après.
Hommage
Il aura fallu attendre le mois de juin 1986, pour qu'une stèle
commémorative Soit inaugurée au pied du sémaphore
du Havre, boulevard Clémenceau. Une initiative municipale répondant
au souhait des familles des victimes.
La jeune fille rescapée du naufrage
La petite histoire nous dit que Melle Louise Geoffroy, la jeune fille
de 19 ans rescapée du naufrage, Si elle a perdu une sœur dans la
catastrophe, y a par la suite gagné un mari Mr Maurice Gadebois,
l'un des civils rescapés, lui présenta par la suite son fils
aîné. Les jeunes gens se marièrent en 1942.
Responsabilités
Les responsabilités, qui a jamais cherché à les
établir? Il était certes absurde d'embarquer tant de civils
sur un cargo chargé de munitions. Mais dans la pagaille et parfois
la panique qui régnaient alors, cela ne choqua sans doute personne...
Les "hasards de la guerre".
Nombre de victimes, le doute plane
En 1963, un procès verbal de la Gendarmerie maritime en date du 13 juin arrive à la conclusion suivante
"Mille deux cents réfugiés se sont entassés à bord. Parmi les passagers, beaucoup d'israélites, des Hollandais et des Belges (…) Onze personnes, dont la plupart furent grièvement blessées, ont été récupérées et dirigées à Ouistreham".
Au cimetière de Sainte-Adresse, sept victimes du "Niobé" reposent sous une tombe fleurie deux fois par semaine par le seul enfant rescapé du naufrage….
http://perso.wanadoo.fr/glg/histoire/niobe.htm
http://perso.normandnet.fr/navale/niobe1.htm
http://www.auhavre.com/cult/cult_hist2.asp
Denis Chambrelan, journaliste.
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