LE NIOBE
Sources : SAGA DES EPAVES DE LA COTE D'ALBATRE

Le NIOBE faisant route
Constructeur - Chantier naval
 Chantiers
Année de construction et mise à l'eau
1
Nationalité
 A
Tonneaux en jauge international
  tonnes 
Déplacement 
 -
Longeur
Largeur
Tirant d'eau
 m 
Vitesse
noeuds 
Chaudières
Non renseigné
Motorisation - Machine
chevaux
Date du naufrage
 
Circonstances naufrage
 
Positionnement
Coordonnées géodésiques
Longitude : 00° 01' 897 W
Latitude :    49° 32' 483 N
Profondeur de l'épave
mètres environ

HISTOIRE - RECITS....
La Révolution industrielle avec comme corrolaire l'essor de l'urbanisation va décupler les besoins en énergie : industrie lourde, developpement du chemin de fer, chauffage des villes, explosion démographique ... tout contribue à ce que la matière énergetique de l'époque : le charbon voit ses échanges s'intensifier.
La Grande Bretagne qui est 1er producteur mondiale grace au bassin houillier du Pays de Galles est le centre de ses échanges. Grace à sa flotte marchande très developpée, elle assure une bonne part des transports de charbon vers l'Europe et en particulier la France.
Peu à peu, la voile des débuts est remplacée par la vapeur, les conditions d'armements changent aussi : un vapeur coute cher et les armateurs doivent s'associer pour lancer des constructions. A l'occasion de cette mutation, des armateurs français décident de s'associer pour lancer une série de vapeur charbonnier de 1500 cv et d'un port en lourd de 1500 tonnes afin de ne plus laisser ce monopole aux mains des anglais.

La Société Navale Caennaise
Ainsi que Gaston LAMY fonde la Société Navale Caennaise qui se lance dans la construction d'une série de charbonniers dont le NIOBE en 1922. Cet armateur finit par disposer d'une flotte de 16 navires totalisant 35.842 tonnes en tonnage brut.
Le NIOBE affecté à la navette entre le Pays de Galles et la France va voir son destin jusque là tranquille basculer et entrer dans la légende avec la débâcle de 1940 et son cortège de naufrages en rade du Havre.
 
 

Le Niobe - Un navire dans la tempête !

Avec toutes nos armées bloqués dans la poche de Dunkerque ou endossées à la mer, le gouvernement décide de la requisition de centaines de navires marchands pour faire face à ses besoins logistiques en constante augmentation. En juin 1940, le NIOBE comme bien d'autres passe sous le contrôle de l'état pour approvisionner les troupes françaises du nord de la France.
Chargé à Cherbourg de 800 tonnes d'obus et de munitions pour Dunkerque, l'évacuation de la poche, l'empêche de mener à bien sa tâche et s'est ainsi chargé qu'il rentre au Havre le 10 juin alors que la Wermarcht est aux portes de la Normandie pour participerà l'évacuation de la ville.
 
 

LE NAUFRAGE

Tonnerre de feu sur la ville du Havre et sur le port.
L'entrée du port du Havre le 11 juin 1940 avec les bacs de la C.I.M en feu

Accosté quai Johannes Couvert, le NIOBE n'a pas le temps de décharger sa cargaison mortelle qu'il est pris d'assaut par les civils qui cherchent à fuir les troupes allemandes. On estime à 800 personnes le nombre de personnes qui ont pris place à son bord lorsqu'il quitte le port à 14 h 30 avec pour destination Caen alors que les bombardements font rage sur la rade du Havre.

En route vers son destin

Naviguant dans le chenal dragué pour éviter les champs de mines, il croise d'abord le cuirassé Paris qui fait feu de toutes ses canons pour s'opposer aux raids aériens ayant lieu sur la rade puis le Bruges touché qui fait route vers la plage pour s'échouer. Ensuite, il se déroute pour porter assistance au Général Metzinger en flammes mais celui-ci refuse son aide.
A 16 h 55, 2 appareils allemands commencent à s'interesser au NIOBE puis un Junkers JU-87, le tristemment célèbre "Stuka", pique et large 4 bombes : la 1ère rase la plage babord arrière, la 2 ème explose dans la soute où sont entreposées les munitions. Touché à mort, c'est la réaction en chaîne lorsque celles-ci explosent à leur tour coupant en deux le navire qui coule aussitôt. Le caboteur Cotentin qui est secoué par l'explosion alors qu'il se trouve à plus d'un miles du NIOBE lorsque celui-ci explose ne retrouve que 11 survivants - 9 hommes, une jeune fille et un enfant surnageant parmi les debris et les cadavres.

Il est 14 H 30, le Niobe quitte le quai Johannes Couvert...
Le mystère !
A l'inconnue du nombre des passages à bord, entre 800 et 1.200 d'après le rapport d'enquête de la gendarmerie maritime de Cherbourg (P.V n°171 du 17 juin 1962) s'ajoute le mystère de sa position :
    - pour les uns en face de Ouistreham,
    - pour les autres en face du phare de la Hève ou bien encore au large de Saint Jouin de Bruneval.
A ces interrogations vient s'ajouter une folle rumeur dans les années 60 : la présence à bord d'un trésor sous la forme de diamants propriété de diamantaires hollandais qui auraient pris place à bord. En tout état de cause, le NIOBE est entré dans la légende locale de par les circonstances de son naufrage et la quantité de victimes.
Symbole de l'évacuation du Havre en 1940, une stéle commémorative honore au pied du sémaphore du Havre depuis juin 1986 la mémoire des innocentes victimes ayant péries à son bord.
La stèle inaugurée à la mémoire des victimes du NIOBE
Retrouvez le "NIOBE" dans "La Saga des Epaves de la Côte d'Albatre", édité par le G.R.I.E.M.E.,
En vente par correspondance sur notre site internet.

    AMERS - CONDITIONS DE PLONGEES - INFOS DIVERSES

Avec qui plonger sur cette épave ?

Clubs Havrais dont Paul Eluard

Caisson hyperbare le plus proche.

Il se situe au Havre à l’hôpital Jacques MONOD
Niobé était la reine de Thèbes et jamais il n'y eut femme plus heureuse.  A travers toute la Grèce, d'une côte à l'autre, les gens parlaient de son époux le roi Amphion, et de son talent pour jouer de la lyre.

Lorsqu'ils avaient dû construire les murs de la ville de Thèbes, le roi n'avait eu qu'à chanter une de ses jolies chansons et les rochers s'étaient brisés d'eux-mêmes.  Les pierres, charmées, l'avaient suivi et s'étaient entassées toutes seules en murailles épaisses.

Le père de Niobé était Tantale.  Elle était très fière de son amitié avec les dieux.  Les greniers royaux étaient pleins de blé, les troupeaux étaient gras et les coffres du palais regorgeaient d'or et d'argent.  La reine ne manquait de rien.  Mais son orgueil suprême était d'avoir donné naissance à sept beaux garçons et à autant de ravissantes filles.

Un jour, toutes les pieuses femmes de Thèbes, les cheveux ornés de lauriers, s préparaient à faire de grands sacrifices en l'honneur de la déesse Léto et de ses enfants, Apollon et Artémis.

Niobé, courroucée, les surveillait, quand finalement la colère lui fit quitter le palais.  Elle descendit dans la ville avec ses suivantes, semblable à une déesse dans son magnifique manteau tissé d'or, sa brillante chevelure lui retombant sur les épaules.  Telle une divinité, elle fendit la foule des femmes en prières qui versaient de l'encens sur les feux sacrés.

"Etes-vous devenues folles?" leur demanda-t-elle. "Vous offrez des sacrifice à des dieux que vous n'avez jamais vus.  Pourquoi n'en faites-vous pas pour moi ? Vous me connaissez sûrement mieux que Léto.  Mon mari est le fameux roi Amphion.  Mon père était le roi Tantale.  Il participait aux festins des dieux et partageait 1 nectar et l'ambroisie.  J'ai plus de trésors que n'importe quelle déesse et bien plu d'enfants que Léto.  J'ai sept fils et sept filles alors qu'elle n'a qu'Apollon et Artémis.  Ma famille est noble, riche et féconde.  Aucune divinité ne peut comparer son bon heur au mien et même s'il diminuait, il serait encore bien grand!  Quittez les autel et les sacrifices.  Priez celle qui le mérite!"

Les femmes s'effrayèrent de la colère royale, elles enlevèrent les lauriers de leur cheveux et abandonnèrent les sanctuaires.  Mais en elles-mêmes, elles demandèrent pardon à Léto.

Celle-ci, du sommet de la montagne, n'avait rien perdu de la scène qui s'étai déroulée à Thèbes.  Son cœur se mit à battre lorsqu'elle vit Niobé détourner les Pieuses femmes de leur devoir.

" Mes enfants," dit-elle au dieu Apollon et à la déesse Artémis, "votre mère a été gravement offensée par une simple mortelle.  La folle a chassé les fidèles de mes autels, elle a mis ses enfants au-dessus de vous et elle s'est moquée de moi! " Léto allait poursuivre son discours quand son fils s'exclama : "Cessez de vous lamenter, ma mère, vous ne faites que retarder sa punition!" Apollon et Artémis s'enroulèrent dans un nuage comme dans un manteau et, ainsi cachés aux yeux des hommes, ils descendirent à travers le ciel d'azur près des murailles de Thèbes.

Devant les portes de la ville, les sept fils de Niobé s'exerçaient à la lutte et aux jeux de la guerre.

L'aîné galopait en rond sur un robuste cheval, retenant fermement par la bride l'animal écumant, quand soudain il poussa un cri et tomba.  La flèche d'Apollon vibrait encore dans sa poitrine.

Le second frère avait entendu siffler la flèche.  Il se retourna et fut saisi de terreur à la vue d'un sombre nuage immobile dans le ciel.  Il pressa sa monture, mais en vain: d'une seconde flèche, Apollon avait déjà transpercé sa nuque.

Deux garçons plus jeunes luttaient au corps à corps.  Ils furent tous deux rivés à terre par le même coup et ensemble ils expirèrent.  Le cinquième accourut à leur aide, mais avant d'atteindre leurs corps il fut tué à son tour.  Le sixième fut touché à la jambe.  Tandis qu'il essayait de tirer la flèche de la blessure, une autre flèche le transperça et, avec son sang, la vie quitta son corps.

Le plus jeune leva les bras et supplia les dieux de l'épargner.  Apollon fut ému, mais il ne pouvait rattraper son trait.  Le dernier fils périt aussi.

La nouvelle de l'affreux massacre se répandit dans Thèbes comme une horrible tempête.  Fou de chagrin, le roi saisit son épée et se tua.  Niobé se précipita sur les lieux du carnage.  Elle enlaça les morts en pleurant et les embrassa pour la dernière fois, mais l'orgueil fut encore le plus fort.

Elle leva les yeux au ciel et s'écria :

"Réjouis-toi de ma peine, cruelle Léto.  Avec mes sept fils, j'enterre une partie de ma vie.  Pourtant il me reste plus d'enfants que toi : j'ai encore sept filles ravissantes. "

A peine eut-elle fini cet imprudent discours que la corde de l'arc vibra.  L'une des beautés tomba, morte, sur le corps à peine refroidi de son frère.  La déesse Artémis tendit à nouveau son arc et la seconde fille dit adieu à la vie.  Quant aux autres, malgré leurs tentatives pour fuir ou leurs essais pour se dissimuler, les flèches de la déesse vengeresse les atteignirent toujours.

Seule la dernière, la plus jeune, restait couverte par Niobé elle-même.  Pour la première fois, les bras au ciel, celle-ci implorait la déesse de l'épargner.  Mais, tandis qu'elle suppliait, l'enfant mourut dans ses bras.

La reine resta seule.

Autour d'elle, l'herbe murmurait : "Quel être humain peut compter sur le bonheur, en présence de la mort?"

Immobile, perdue dans sa peine, Niobé regardait droit devant elle.  Le sang quittait doucement ses joues, ses cheveux devenaient pesants et même le vent n'arrivait plus à les éparpiller.  Dans son visage de pierre ses yeux se figèrent.  Ses bras et ses jambes s'alourdirent et tout son corps se transforma en rocher.

Un puissant tourbillon de vent s'abattit sur Thèbes, emportant Niobé en Lydie les hommes se précipitèrent pour voir l'étrange nouveauté.

La pierre avait la forme d'une femme et de ses yeux coulaient deux intarissables sources de larmes.
 
 

http://fr.srd.yahoo.com/goo.fr/le+niob%e9/5/*
http://www.navy.dnd.ca/pride_html/history/ships_10_39/ships_10_39b1_f.htm
 
 
 

UN DRAME DE L'EXODE

11 JUIN 1940

LA TRAGEDIE DU "NIOBE"
 
 

 

Ce jour-là, le 11 juin 1940, en début d'après-midi, ils sont des milliers de civils, terrifiés par l'avance très rapide des troupes allemandes, et par les bombardements sur la cité, à embarquer à bord des navires, et fuir par la mer.

A bord du charbonnier Niobé, amarré quai Joannès-Couvert, cargo de la Compagnie navale caennaise, s'entassent des centaines de personnes.

Les flancs du navire sont pleins de 800 tonnes de munitions, obus et autres engins de guerre.

A 16h55, entre Antifer et Saint-Jouin, le Niobé est attaqué par un avion Stuka allemand qui lâche quatre bombes qui firent toutes mouche. Onze survivants seront secourus et sauvés par l'équipage du caboteur Cotentin, neuf hommes, une jeune fille et un enfant, qui flottaient au milieu de cadavres et de débris divers.

C'était en 1940, un drame venu de la mer, comme des milliers d'autres en ce début de "drôle de guerre". Le drame de 44 au Havre (un terrible bombardement), l'a depuis recouvert de son ombre... venue du ciel.

Des journalistes ont tenté de comprendre ce qui a pu se passer ce jour-là. Une catastrophe, pas tout à fait comme les autres, restée longtemps dans l'oubli. Ils se sont efforcés de rendre hommage à la mémoire de ces nombreuses victimes, en recueillant de la bouche même des rescapés, des récits terrifiants.

Tournons ensemble cette page tragique et mal connue de notre histoire locale, avec les rares témoignages de quelques-uns des miraculés du Niobé.
 
 

Louise Geoffroy, épouse Gadebois.
 

"Ma sœur et moi sommes donc allées au port pour embarquer au plus vite. Comme nous étions très jeunes, nous laissions passer devant nous, Les femmes, les enfants et les vieillards. Soudain il y eut une alerte, nous sommes allées nous mettre à l'abri au pied du sémaphore. Un gradé nous a fait monter à bord d'une Abeille, direction le quai Joannès-Couvert, d'où le Niobé devait appareiller. La D.C.A a abattu pendant notre court trajet un avion allemand qui s'est écrasé sur un bac de pétrole. Personne ne nous a parlé de munitions à bord... Si j'avais su...".
 

 

Maurice Gadebois.
 

"Ma famille et moi sommes montés à bord du Niobé, déjà très surchargé. Un matelot s'est rué sur moi et me dit "Ne fumez pas, il y a des munitions à bord, vous pouvez bien attendre une heure et demie avant d'arriver à Caen".

J'apprenais ainsi notre malheur et notre destination. Cinquante-deux infirmières de l'hôpital Pasteur sont montées elles aussi à bord. Il est 14h55 quand nous sortons du port. J'ai vu l'heure sur l'horloge du musée. Après 40 minutes de route à travers les mines et les débris, nous croisons des navires de guerre, qui tirent vers la côte. Un bateau à coque blanche demande de l'aide, il y a le feu à bord, de grandes flammes".

Ainsi le Niobé se déroute et va vers lui. Beaucoup de Havrais reconnaissent le Général-Metzinger. Son équipage réussit rapidement à circonscrire l'incendie. Deux chalutiers se hâtent vers lui. Il est sauvé. Le commandant et le pilote Paul Lengronne décident de reprendre leur route. Deux coups de sirène annoncent cette décision.

 

Maurice Gadebois.
 

"Vingt minutes après, deux avions nous survolent alors que nous apercevions déjà la côte au loin ; l'un poursuit son chemin, l'autre tourne au-dessus de nous. Il pique et nous lâche quatre bombes. Deux tombent à l'avant, une sur la dunette et la dernière dans les cales arrières. Il est exactement 16h55, j'ai le réflexe de regarder ma montre".
 

 

Louise Geoffroy, épouse Gadebois.
 

"Ma pauvre sœur Céline est morte très rapidement. L'eau s'est mise à engloutir l'épave dans un atroce tourbillon. J'ai coulé deux fois. Je ne sais pas comment je suis remontée à la surface. Je me suis accrochée à une épave provenant du navire. C'était affreux, affreux. Les corps des passagers écartelés flottaient à la surface... près de moi, il y avait une tête. Les gens hurlaient de douleur ou de terreur. Un bateau anglais nous a croisés, je crois qu'il nous a vus, mais ne s'est pas arrêté".
 

 

Maurice Gadebois.
 

"Le Niobé, sitôt touché se casse en plusieurs morceaux, dans un bruit formidable. Je m'enfonce dans les flots. Je vois des gens se débattre dans l'eau. Ils sont nombreux autour de moi, connaissances ou amis, à se noyer. Mon fils âgé de 13 ans m'agrippe, je le soutiens et prends la direction de la côte. Mon petit devait mourir dans mes bras de congestion. Ma femme avait disparue avec tous les autres dans un horrible tourbillon. Avant l'arrivée des secours, je peux l'affirmer, nous étions plus d'une vingtaine à flotter tant bien que mal, malgré les madriers et les débris qui nous meurtrissaient".
 

 

Joseph Kervella, matelot.
 

"De 1'équipage, nous n'étions que quatre à nous en être sortis. Je suis resté accroché, avec mon collègue Gourmelen, à un panneau de bois. Le petit cargo Cotentin nous a aperçus, je l'ai vu se diriger vers nous avant de m'évanouir".
 

 

Capitaine Cousin, responsable du caboteur "Cotentin".
 

"A 17 heures, j'ai aperçu droit devant, une violente explosion. J'ai décidé sans hésiter de porter secours à ce bâtiment en détresse. A 18 heures, nous arrivions sur place, j'ai aperçu une large tache suspecte, et dans son milieu, nous entendions des appels déchirants "au secours". Nous n'avons récupéré que 11 survivants, c'était horrible".
 

 

Maurice Gadebois.
 

"Un bateau s'est avancé avec précaution parmi les cadavres. Des canots sont venus, je me souviens avoir été sauvé le troisième. Les sauveteurs ne purent recueillir tout le monde rapidement, des malheureux se sont noyés aux portes du salut, à bout de résistance. Je me suis retrouvé à bord, avec treize blessures jugées graves. Une jeune fille est à mes côtés, dans un triste état. Le commandant en prit grand soin. Le ciel était jaune. Un enfant d'une dizaine d'années, qui a vu disparaître ses parents, est fortement commotionné, et ne cesse de répéter "Papa, Maman, glouglou". "Le cauchemar".

Le Cotentin les emmena à Ouistreham, d'où ils furent dirigés vers l'hôpital de Caen ; Ils y arrivèrent 14 heures après l'explosion.

La pagaille régnait là aussi, et les blessés eurent quelque mal à se faire soigner. Louise Geoffroy, la jeune rescapée, fut renvoyée de l'hôpital, seulement deux jours après y être entrée.

"En sortant de l'hôpital, je n'étais pas belle à voir. Je devais avoir l'air une folle avec mon bandage sur l'œil, les pieds nus et mes cheveux encore couverts de mazout (...)Ma mère nous attendait ma sœur et moi, à Trouville depuis trois jours, guettant chaque bateau... Ça brise des vies tout ça ! ".

Maurice Gadebois quant à lui, fut soigné un mois durant dans cet établissement hospitalier, dépourvu de chirurgien. Il doit son salut à la bonté de la sœur Sainte-Claudine, et le dévouement d'une infirmière, Mme Portier.

A son retour à Sainte-Adresse, la municipalité lui remit 125 grammes de viande et trois livres de pain.
 

"Et ce fut une foule de gens qui ayant connu mon retour vinrent me demander Si je savais ce qu'étaient devenus leurs parents disparus... Vous voyez d'ici quelle réponse je pouvais leur faire".

 

Il y a quelques années la mairie du Havre devait communiquer la note suivante :
 

"Des corps furent rejetés sur le rivage, et enterrés sur place par ceux des habitants qui n'avaient pas évacué. Il est peu probable, en raison des circonstances que l'on ait pu procéder à l'identification de ces malheureux. Nos archives ne recèlent ni liste, ni correspondance à ce sujet. Aucune translation de corps dans l'un des cimetières du Havre ne fut opéré à notre connaissance. Par contre les services d'état civil ont enregistré quelques jugements déclaratifs de décès. Que ces jugements aient été peu nombreux ne doit pas surprendre, des familles entières ayant été anéanties".
 

 

Procès-verbal

Dans une copie d'un procès-verbal de la Gendarmerie maritime, compagnie de Cherbourg (n0 171 en date du 13 juin 1962), on évalue à 1200 les personnes présentes à bord du Niobé après une longue enquête, dont les conclusions furent déposées au Havre le 27 juin 1962.
 

 

Paul Lengronne, pilote du Havre, citation à l'ordre de l'armée de mer

"…a sorti du port du Havre le vapeur français Niobé, ayant à bord outre une grande quantité de munitions, environ 800 personnes, hommes, femmes et enfants et de nombreux militaires et marins de l'Etat".

Paul Lengronne a disparu au cours du naufrage du navire, survenu peu après.
 

 

Hommage

Il aura fallu attendre le mois de juin 1986, pour qu'une stèle commémorative Soit inaugurée au pied du sémaphore du Havre, boulevard Clémenceau. Une initiative municipale répondant au souhait des familles des victimes.
 

 

La jeune fille rescapée du naufrage

La petite histoire nous dit que Melle Louise Geoffroy, la jeune fille de 19 ans rescapée du naufrage, Si elle a perdu une sœur dans la catastrophe, y a par la suite gagné un mari Mr Maurice Gadebois, l'un des civils rescapés, lui présenta par la suite son fils aîné. Les jeunes gens se marièrent en 1942.
 

 

Responsabilités

Les responsabilités, qui a jamais cherché à les établir? Il était certes absurde d'embarquer tant de civils sur un cargo chargé de munitions. Mais dans la pagaille et parfois la panique qui régnaient alors, cela ne choqua sans doute personne... Les "hasards de la guerre".
 

 

Nombre de victimes, le doute plane

En 1963, un procès verbal de la Gendarmerie maritime en date du 13 juin arrive à la conclusion suivante

"Mille deux cents réfugiés se sont entassés à bord. Parmi les passagers, beaucoup d'israélites, des Hollandais et des Belges (…) Onze personnes, dont la plupart furent grièvement blessées, ont été récupérées et dirigées à Ouistreham".

 

Au cimetière de Sainte-Adresse, sept victimes du "Niobé" reposent sous une tombe fleurie deux fois par semaine par le seul enfant rescapé du naufrage….

 
http://perso.wanadoo.fr/glg/histoire/niobe.htm
http://perso.normandnet.fr/navale/niobe1.htm
http://www.auhavre.com/cult/cult_hist2.asp
                                                                               Denis Chambrelan, journaliste.

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